Histoire de Foi

A propos du livre de  Charles Pépin. « La confiance en soi, une philosophie » Allary Ed.

 

 

Le thème de la confiance revient souvent pendant les séances – une personne déplore de n’avoir pas confiance en elle, une autre a du mal à faire confiance aux autres, une autre souffre de toujours envisager le pire, ne parvient pas à faire confiance à la vie – et je m’entends régulièrement dire qu’il est important de « garder la foi ».

Je ne l’entends pas au sens religieux  mais comme une capacité à faire confiance, à s’engager pleinement dans le cours de la vie.

Christian Bobin écrit que « la confiance est la capacité enfantine d’aller vers ce qu’on ne connaît pas comme si on le reconnaissait ».

Autrement dit, la capacité à s’élancer sans certitude quant au résultat.

La Foi parle de croyance et d’espoir.

La thérapie repose sur une promesse : celle de vivre une expérience humaine qui sera bonne pour nous. Cette promesse ne peut être tenue que si se met en place une relation de confiance tant du point de vue du patient que du thérapeute.

Je me  suis rendue compte au fil des années que les problématiques liées à la confiance  recouvraient trois champs d’expérience différents : confiance en soi, confiance dans les autres, confiance en la vie.

J’en étais là de mes réflexions lorsque j’ai entendu le philosophe Charles Pépin, présenter le livre qu’il vient de faire paraître aux éditions Allary : « La confiance en soi. Une philosophie ».

Je me suis dit que j’y trouverais certainement quelques nourritures.

Une des idées principales de l’auteur, c’est que les trois parts que j’ai citées plus haut, confiance en ses capacités, confiance en les autres et confiance en la vie sont indissociables. Ce qui veut dire qu’il ne suffit pas de connaître ses capacités pour oser, qu’il ne suffit pas d’être entouré de gens fiables pour aller vers les autres, il faut aussi entretenir la petite flamme de la vie, celle de l’envie, du désir, de la curiosité, ….

La croyance en soi s’appuie sur l’ensemble des situations d’apprentissage dont nous avons faits l’expérience depuis notre naissance, voire notre conception.

Si elles ont été suffisamment bonnes pour nous, il nous sera facile de nous fier à notre corps (nos ressentis, nos émotions), à notre capacité de réflexion et de jugement. Se développera en nous l’assurance que nous saurons utiliser au mieux les ressources dont nous disposons. Nous saurons prendre les décisions bonnes pour nous, nous saurons prendre soin de nous.

Ce sentiment de confiance ne peut se construire que si les expériences de réussites, de satisfactions compensent ou dépassent les expériences d’échec, d’humiliation et/ou d’isolement….

La confiance dans les autres renvoie toujours à nos premières relations d’amour.

Comment avons nous été désirés, attendus, accueillis, touchés, portés, nourris, regardés, encouragés, rassurés … ?

De la qualité de ces rapports premiers dépend notre capacité à créer des relations aux autres qui ne soient pas recherche de sécurité, de reconnaissance ou de validation mais élan vers cet autre.

Boris Cyrulnik en développant le concept de résilience a montré qu’il n’est jamais trop tard pour modifier le regard que nous portons sur ce qui nous est arrivé et ce qui nous arrive. Les faits sont là, ils se produisent sans que nous puissions toujours agir sur eux, mais l’interprétation que nous en faisons dépend de nous.

C’est nous qui nous racontons cette histoire de cette façon.

Notre marge de manoeuvre réside dans notre capacité à saisir le moment présent non comme une répétition de ce qui nous blesse ou nous empêche, mais comme une situation nouvelle sur laquelle nous pouvons agir.

La confiance dépend d’abord, n’ayons pas peur des mots, de l’amour que nous éprouvons pour … nous.

La confiance en la vie, est liée à nos expériences de satisfaction.

A chaque fois que nous ressentons un sentiment de satiété, de réussite, de contentement, même s’il est éphémère, nous nous sentons accordés au monde, nous éprouvons la place que nous y occupons, notre place unique et singulière. Nous nous sentons alors exister en tant que personne.

Avoir confiance, c’est éprouver cette sensation.

Le sentiment d’exister se nourrit de toutes les expériences du beau, du bon, du juste pour nous.

Tout ce que nos sens sont capables de nous révéler: sons, images, goûts, odeurs, touchers.

Pour nous exercer à conforter la confiance en nous, apprenons, comme nous le propose Charles Pépin, à

« Cultiver les bons liens

Nous entraîner

Nous écouter

Nous émerveiller

Décider

Mettre la main à la pâte

Passer à l’acte

Admirer

Rester fidèle à notre désir

Faire confiance au mystère »

 

 

 

 

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